La photo de Saint Gatien vue aérienne en noir et blanc.


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La chapelle Saint Philbert.

La chapelle de Saint Philbert dont nous avons parlé, était située à peu de distance de ce carrefour, au midi.

L’abbé le Prévost, auteur d’un ouvrage ayant pour titre : Les vies des saints patrons du diocèse de Lisieux, signale une autre chapelle, celle de la Rançonnière, laquelle était placée sous le vocable de Saint Jean Baptiste.

L’ancienne paroisse d’Herbigny ou Mont Saint Jean est aujourd’hui réunie pour le culte à Saint Gatien des Bois.

Source : A. PANNIER.
journal de Honfleur : 11 janvier 1863.
Archives municipales de Honfleur.


Shéma

Le plan.


Dauboeuf.

Dalbuet au XIème siècle s'près la chartre de Saint Martin. Toponyme d'origine Danoise (l'abri de la vallée). Fondation de IX ou Xème siècle.


L'abbaye.

Saint Marin de Flaville, Saint Martin du Bosc, clairère immuable depuis un millénaire au moins. Bois Saint Martin ne semble pas en marquer la proximité.


Chapelle Saint Philbert.

La clairière primitive, deuxième clairière habitée en ce quartier de forme arrondie parmi les parcelles en quadrilatère est bien visible au cadastre St Philbert rappelle que ce fut bien là une possession de Jumiège.


Désert de Dauboeuf, Désert de Touques, Lieu de Bicherel, Montalouveau.

Défrichement plus tardif. Ceux-ci sont poursuivis sur le plateau jusqu'au XX ème siècle (aéroport).


photo

Le château et l’Abbaye de Fécan.

Nous connaissons tous le carrefour Saint Philbert, marqué par la statue de « Notre Dame des Bois ».

La chapelle toujours debout mais désaffectée se cache à cent mètres de là, au Nord Est, derrière la haie d’herbage. Mieux encore : si vous poursuivez de quelques pas dans le chemin de la Mue, peut-être remarquerez-vous la forme arrondie que prend la clôture, trace de la clairière primitive, défrichement forestier vieux d’au moins sept siècles.

- le chemin de Trouville par la Mare aux Guerriers.
C’était là le centre de la « forêt de Touques » d’où rayonnaient les voies vers plus de vingt paroisses dont :
- le chemin de Saint Pierre de Touques à Honfleur par la ferme de la Coquetière, la Mue, le Plain-Chêne, le Mareslot, les Moulineaux, Saint Nicol.
-le chemin de Villerville par le carrefour Maudelonde.
- le chemin de Barneville par le Montalouveau.
- le chemin de Saint Gatien des Bois, etc.

Une charte de 1350 nous éclaire sur les origines du lieu. Le duc de Normandie (il s’agit du Dauphin qui va, dans quelques mois devenir le roi de France, Jean II le Bon) reconnaît dans cette charte devoir entretenir cette chapelle. Il est également tenu de construire le logis du chapelain, lequel chapelain permet en échange la tenue des réunions de panage.


Le panage .

La forêt était envahie, quand glands et faines commençaient à tomber, fin septembre, par les troupeaux de porcs venus des paroisses environnant le massif. C’était le panage. La paisson durait deux mois. Certains avaient même droit, si l’année était bonne, à l’arrière-paisson durant l’hiver.

Bien sur le panage donnait lieu à des redevances ; celles ci, en chênaie, au Moyen-âge, rapportaient plus que les ventes de bois ! La pratique en était donc strictement réglementée : août le « verdier » et les « francs-jugeurs » ou « juges de panage ».

Etaient « juges de panage », les seigneurs de Villerville, de Gonneville, de Fourneville, d’heudreville (Fourville), de Blosseville (Pennedepie) de Meautrix (Touques).

Ils estimaient le nombre de porcs à admettre. On ne pouvait envoyer que les porcs de « son nourri » (c’est-à-dire élevés à la ferme), on ne pouvait hocher les arbres, on ne pouvait laisser les porcs s’égarer dans les « jeunes ventes », on ne pouvait devancer la date d’ouverture. En un mot le panage était une grande affaire et donnait lieu à des réunions préparatoires, à perception de droits, à jugement.


Le verdier .

de l’ancien français verd-vert, par dérivation, comme chevalier de cheval, par adjonction : « ier » désigne ainsi que vous l’avez deviné « celui qui garde un lieu verdoyant » tel un verger, mieux en tout cas, une forêt, plus qu’un garde-chasse, sans doute, qui serait apparenté aux Sergents d’alors, il s’agit d’un Officier des Eaux et Forêts, déjà haut responsable de celles-ci sous l’ultime suzeraineté Royale.

A défaut de Conseil Municipal – et pour cause féodale – il y avait donc sous patronage seigneurial « tenue des réunions de panage » expression qui a ce point de votre lecture s’explique d’elle-même.

Gare aux contraventions et aux impositions déterminées ou infligées sous l’autorité du verdier, en cette justice de première instance, sans doute qu’étaient « Les plaids de Verderie » tels les procès-verbaux infligés aujourd’hui par nos Gardes Chasses.

Quant à la valeur des monnaies d’alors en sols ou deniers, comment les comparer à celles d’aujourd’hui, après tant d’inflations mais aussi de multiplications des richesses et de l’immense quantité de monnaie, employées maintenant ou exprimées, pour les Etats et le Commerce International en centaines et milliers de milliards.

Des spécialistes, seuls, probablement, peuvent se risquer à les apprécier et encore bien approximativement.

Notons que le denier était alors la douzième partie du sou qui valait le vingtième de la livre. Celle-ci est devenue le franc à la révolution. Mais quant au rapport des valeurs, je capitule.

Cependant il s’agissait, tout à l’origine de pièces d’or pour le sou, tels nos Louis d’avant-guerre de ‘14’.

D’où le proverbe : « Tout le monde n’est pas Louis d’or ».


Les plaids.

Le verdier jugeait des infractions forestières constatées par les sergents et infligeait des amendes jusqu’à 60 sols : il tint les « plaids de verderie » à la chapelle Saint Philbert deux fois par mois jusqu’au XVIIIème siècle.

La charte de 1350 précise que les installations nécessaires à ces assemblées sont « à faire par le maistre charpentier... du chastel de Touques » (c’est-à-dire du château de Bonneville sur Touques) Le chapelain, lui, doit « fournir asseoir le verdier, les sergents ».

Le Chapelain de Saint Philbert peut « franchement (c’est-à-dire gratuitement) ramasser chaque jour et vendre à Honnefleu, à Touques ou illec environ » le bois porté par deux chevaux. Ce petit commerce devait bien sûr être confié à son domestique ou locataire exploitant. De même, il pouvait prendre le bois « pour soi clore et chauffer ».

Il avait en forêt panage et pâturage pour toutes ses bêtes. A chaque tenue de panage à Saint Phibert, il reçoit douze deniers.

Mais on semble tenir à ce qu’il réside le plus couramment possible sur place puisqu’il s’engage à célébrer une messe par mois !

Enfin notre ancienne charte dit que le chapelain doit faire tinter chaque nuit la cloche « suffisamment pour ceux qui se pourraient égarer en la forest ».

Quand tu passeras automobiliste, la nuit par ce carrefour, peut-être songeras-tu à l’ancienne chapelle, en sa clairière ronde où tintait une cloche grêle pour guider le voyageur sur les sentiers forestiers.

Source : Paul GUIDECOQ - 1987.


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Source : Paul GUIDECOQ.


A propos du lieu dit Bicherel sis à Saint Gatien des Bois.

Centre d’accueil et Recherche des Archives Nationales
Domaine d’Auge- Pont L’Evêque.
Quelques extraits sur 100 pages relevés par Patricia Chompton-Héliot en décembre 2005.

Archives Nationales AP/300(I) : 523 de 1 à 117 articles.


Article 6.

31 10 1673.
Anne Gamare veuve de Adrien Bicherel,
- 1 pièce de terre 1 vergé,
- 8 deniers de rente/ an.


Article 14.

05 11 1611.
Maisons de messieurs de Beauchamps, Bicherel Guieppray Lefèvre Bourgeois de Pont
l’Evêque fils et héritiers de Georget lui même fils et héritier Guipprey,
3 places et masures en un tenant avec maisons et édifices dessus 1 vergée 7 perches.

16 11 1746.
Monsieur Jean-Pierre escuyer cons. du Roy qui était fils de Jean Bicherel aussy advocat du Roy fils de Michel Bicherel et représentant François Jacques Lecourt Escuyer Sr des Tourailles (?)


Article 21.

François et Jean-pierre Bicherel advocat et demoiselles leurs sœurs héritiers de Christophe Bicherel vivant advocat.


Article 22.

Maisons de montage pérruquier et autres.

1549.
Aubert Bicherel fils et héritier Jean Bourgeois de Pont l’Evêque,
Les enfants de + Guillaume Rabot.

1673.
Messieurs François et Jean-Pierre Bicherel, Demoiselles Françoise, Marguerite, Madeleine, Catherine, Anne, Geneviève et Marthe Bicherel. Tous enfants héritiers de + Christophe Bicherel en son vivant advocat.
Le dit Christophe fils + Richard et ledit Richard fils de Auber (lui-même fils de Jean) Anne Lormier veuve Guillaume Bréard.


Article 81.

février 1612.
Yves Pouette à cause de sa femme héritier en partye de + jean Riquier vivant drapier,
Pierre Lormier à la représentation de Auber Drubec Aussi à cause de sa femme héritier dudit + Jean Riquier .
Jacques Bicherel, tuteur de la fille sous-agé de + Jean Gamare dit Bois bricquiet + jean David Gamare, scellier.


Source : Guy Brunet.

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